Ouf de soulagement pour Aïssatou Sophie Gladima. L’ancienne ministre des Mines et de la Géologie a obtenu la liberté provisoire après avoir été entendue pour la deuxième fois ce lundi par la commission d’instruction de la Haute cour de Justice.
Elle a été placée sous contrôle judiciaire strict, avec bracelet électronique et assignation à résidence dans les régions de Dakar et de Thiès, sur la base des dispositions de l’article 138 du Code de procédure pénale.
Cette mesure tient compte de sa double casquette d’enseignante-chercheure à l’Institut des sciences de la terre (IST) à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar et maire de Joal, dans la région de Thiès.
La maire de Joal a été mise en accusation pour un présumé détournement de deniers publics, notamment pour l’utilisation d’un milliard de F Cfa alloué à divers projets dont un centre gravimétrique à Kédougou qui n’a jamais vu le jour, malgré un décaissement partiel des fonds. Selon l’enquête et le rapport de la Cour des comptes, l’ancien Directeur de l’administration générale et de l’équipement (Dage), Alassane Diallo, a versé, sur instruction de la ministre, la somme de 73 millions 200 F Cfa pour les travaux de construction de l’unité de traitement gravimétrique de Kédougou, confiés à la société commerciale du Groupe Issa. Alors que les travaux n’avaient pas démarré au moment du paiement. Mais, le paiement aurait été validé «moyennant une déclaration sur l’honneur et une simple facture».
Dans le cadre de l’exécution du marché, rappelle le journal Le Quotidien, dans son édition du 22 mai 2025, la somme globale d’1 milliard F Cfa du fonds Covid-19 a été mise à la disposition du ministère afin d’ériger un centre gravimétrique à Kédougou pour les orpailleurs impactés par la pandémie. D’après le rapport d’enquête de la mise en accusation de Mme Siby, «le marché a été attribué à la Société commerciale du Groupe Issa (Scgi), qui avait acquis le matériel pour un montant de 119 millions 870 mille F, en attendant la disponibilité du site pour la construction de l’ouvrage d’un coût de 73 millions 200 mille F.
Mme Gladima a été entendue sur le fond de son dossier par la commission d’instruction de la Haute Cour de justice hier, mercredi 11 juin dernier. Lors de son audition, elle a nié avoir détourné un centime, dans cette affaire de construction du Centre de traitement gravimétrique. L’ancienne ministre, rapporte le journal « Les Echos », a soutenu que c’est un marché de traitement gravimétrique qui a été alloué à la société commerciale du groupe Issa (SCGI) et qu’elle ne connait le patron de cette société ni d’Adam ni d’Eve puisqu’il a traité avec le Dage (Direction de l’Administration Générale et de l’Equipement), Alassane Diallo, actuellement hors du pays.
Suite à cet audition, le montant présumé détourné qui est imputé à Aïssatou Sophie Gladima a été revu à la baisse, passant de 193 millions de francs à 73 millions de francs.
L’ancienne ministre a été blanchie par le patron de la SCGI qui a été entendu en qualité de témoin . Il a dit que le montant de 73 millions, actuellement reproché à la dame, a été consigné au niveau de la Caisse des dépôts et consignation.

