Nouhadibou : Le consul honoraire du Sénégal revient sur la chasse aux émigrés

Partager l'article

Le consul honoraire du Sénégal à Nouhadibou, Boughourbal Moulaye Abasse, a apporté des éclaircissements sur les opérations d’expulsion de migrants en situation irrégulière en Mauritanie. Dans l’entretien qu’il a accordé au journal Le Quotidien dans sa parution du jour, il a plaidé pour une coopération interétatique plus efficace afin d’apporter une réponse durable à cette crise migratoire.


« Il y a eu une montée de la criminalité avec des cas de violence qui se répètent. 80 Mauritaniens impliqués dans des réseaux de trafic de migrants ont été arrêtés. Une pirogue transportant 20 Pakistanais a coulé, causant la mort de tous les passagers. En une nuit, 200 corps ont été enterrés », a expliqué Boughourbal Moulaye Abasse.  Face à ce chaos, la Mauritanie, avec l’aide de l’Union européenne et des forces de police espagnoles, tente de reprendre le contrôle de la situation en multipliant les expulsions.

Selon lui, « il y a des migrants sans papiers que nous ne pouvons pas identifier immédiatement. Quand ils sont arrêtés, on les renvoie à la frontière ».

Le journal indique que 15 000 Sénégalais sont recensés, tandis qu’à Nouakchott, ils seraient près de 300 000, pour la plupart bien intégrés. Malgré tout, l’expulsion de migrants, notamment sénégalais, met une pression énorme sur les représentations consulaires. « Nous gérons aussi les rapatriements depuis le Maroc, souvent à nos propres frais. Nous louons des bus, payons la nourriture et assurons l’accompagnement des migrants », a précisé M. Abasse. 

« Il faut une coopération interétatique avec un budget dédié à la gestion des migrants. En Europe, Las Palmas accueille aujourd’hui 30 000 migrants sans perspectives. Nous devons intensifier la communication et la sensibilisation pour dissuader nos jeunes de risquer leur vie en mer », a-t-il invité.

Il faut rappeler qu’avec une population de 4,5 millions d’habitants, la Mauritanie fait face à un afflux massif de migrants, estimé à 1,2 million de personnes, selon le diplomate sénégalais. Ces migrants, venus principalement d’Afrique de l’Ouest, mais aussi d’Asie (Pakistan, Inde), utilisent ce pays comme point de départ vers l’Europe, à défaut de pouvoir emprunter d’autres routes verrouillées par le Maroc et le Sénégal.
Cette situation a conduit à une montée de l’insécurité, marquée par une recrudescence de la criminalité et le développement de réseaux de trafic de migrants.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*