Leçons de la CAN 2025 (Par Alioune Abitalib Diop)

Leçons de la CAN 2025 (Par Alioune Abitalib Diop)

Partager l'article

Le calendrier sportif de l’année 2026 pourrait ouvrir, pour le Sénégal, un temps d’apaisement des tensions politiques et sociales.

Un temps propice au dialogue et à la réconciliation, pour un climat des affaires apaisé, favorable à la poursuite de notre développement et au renforcement de notre souveraineté économique.

Une Coupe d’Afrique des Nations (CAN) remportée avec autorité, au terme d’un match âprement disputé face à une grande équipe marocaine, et qui ouvre également des réflexions profondes sur le fonctionnement et la gouvernance des organisations sportives internationales, notamment la Confédération africaine de football (CAF) et la Fédération internationale de football association (FIFA).

La question centrale de ces réflexions doit porter sur l’équité de l’arbitrage et le traitement juste de toutes les nations qui composent ces organisations.

L’arbitrage est, depuis plusieurs décennies, le talon d’Achille de la CAF, malgré les multiples avancées notées dans le domaine des infrastructures.

Les différentes CAN qui se sont succédé sont le reflet des avancées significatives réelles notées dans l’édification d’infrastructures sportives, hôtelières et de mobilité. D’ailleurs, passer d’une CAN tous les 2 ans à une CAN tous les 4 ans impacterait négativement l’un des leviers de transformation durable de nos pays et mettrait ainsi en berne l’influence de l’Afrique dans le domaine du football.

Quant à la FIFA qui décide, au gré de son appréciation des enjeux géopolitiques, pourtant hors de son champ de compétence, d’exclure certaines nations des compétitions, d’honorer des chefs d’État, chefs de guerre et semeurs de chaos, de nouer de douteuses proximités avec certaines fédérations, elle est en perte de crédibilité auprès des opinions publiques internationales.

La FIFA n’est ni l’Union africaine, ni l’Union européenne, encore moins le Conseil de sécurité des Nations unies, pour s’immiscer autant dans la gouvernance politique mondiale. Elle doit rester une instance sportive internationale, chargée de promouvoir l’éthique du jeu, le fair-play, le respect mutuel et le rapprochement des peuples par le football.

Les relations entre le président de la FIFA et certains dirigeants du monde laissent penser à un nouveau dessein de rééquilibrage des relations internationales sous couvert des accords d’Abraham et du nouveau board of peace. À méditer….

Le football peut, à la rigueur, nous départager sur le terrain, mais il ne doit jamais altérer la passion partagée ni la fraternité entre les peuples.

Pour le Sénégal, la Coupe du monde du mois de juin 2026, co-organisée par les USA, le Canada et le Mexique, sera une formidable vitrine, à travers la diplomatie sportive, d’expression de notre culture, de nos valeurs et de notre identité.

Diplomatie sénégalaise soutenue par le principe sacro-saint du respect des peuples, de la souveraineté des États et de la coopération internationale.

Le temps d’unisson ouvert avec notre deuxième étoile va se prolonger avec le Carême et le Ramadan dans les trois (3) prochains mois, couvrant ainsi une période d’extase d’un semestre.

Un succès contre les Bleus et un parcours victorieux au Mondial 2026 prolongeraient le temps de l’unisson sur presque une année et mettraient, davantage, le Sénégal sur la scène internationale.

Mieux encore, les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ 2026), qui vont se dérouler au Sénégal du 30 octobre au 13 novembre 2026, organisés pour la première fois en Afrique, constitueront l’étape finale de ce temps d’unisson. L’Afrique accueille, Dakar célébre.
Aucun détail ne doit être mis de côté pour permettre à nos Lions d’être dans d’excellentes conditions d’expression de leurs talents, tant individuels que collectifs.

Le président de la République l’a rappelé lors du Conseil des ministres du 21 janvier 2025 : « en demandant de maintenir la dynamique des performances, d’améliorer les conditions d’encadrement, de préparation et de participation des équipes nationales aux compétitions internationales et ….., enfin, le déploiement du plan de préparation des Lions pour la Coupe du Monde 2026. … »

Cela consistera, entre autres, à préparer la plaidoirie de notre défense au niveau de la FIFA à la suite de la finale de la CAN 2025.
L’équipe du Sénégal, surprise potentielle du Mondial 2026, pourrait être dépourvue, si l’on n’y prend pas garde, d’une partie de son effectif et de son encadrement.

Le temps de l’unisson est favorable à faire taire les querelles politiques de tout bord ; il constitue une formidable opportunité de nous rassembler autour de l’essentiel, de ce qui nous fait vibrer, notre pays, le Sénégal.

Durant ce temps de l’unisson, les tensions sociales se mettront en pause et les crispations économiques se déplaceront, voire même s’effaceront.

Les effets induits du temps de l’unisson pourraient avoir, en interne, l’effet de la diplomatie du ping-pong, ouvrant ainsi un rapprochement de toutes les composantes de la classe politique.

Vive les Lions.
Vive le Sénégal.
Vive l’Afrique.

Alioune Abitalib DIOP
@ : aabitalib@hotmail.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *