Chers Collègues,
Le projet de budget 2026 du Ministère de l’Industrie et du Commerce est arrêté à 355 933 222 920 FCFA en Autorisations d’Engagement (AE) et à 150 134 635 433 FCFA en Crédits de Paiement (CP).
Par programme, ce projet de budget est réparti comme suit :
Programme 1577 : Pilotage, Coordination et Gestion administrative
Pour l’exercice 2026, les crédits de ce programme sont évalués à 2 447 803 661 de FCFA en AE et en CP.
Par nature économique de dépenses, ces crédits sont répartis comme suit :
- Dépenses de personnel : 1 176 434 000 FCFA en AE et en CP ;
- Acquisitions de biens et services : 501 437 161 FCFA en AE et en CP ;
- Transferts courants : 769 932 500 FCFA en AE et en CP
Programme 2041: Accessibilité des produits et services, lutte contre la vie chère et modernisation du commerce
Pour l’exercice 2026, les crédits dudit programme sont estimés à 33 485 873 087 FCFA en AE et à 33 143 048 087 FCFA en CP.
Par nature économique de dépenses, ces crédits sont répartis comme suit :
- Dépenses de personnel : 1 655 892 428 FCFA en AE et en CP ;
- Acquisitions de biens et services : 1 085 020 659 FCFA en AE et en CP ;
- Transferts courants : 2 260 710 000 FCFA en AE eten CP ;
- Investissements exécutés par l’Etat : 28 484 250 000 FCFA en AE et 28 141 425 000 FCFA en CP.
Programme 2042 : Défense commerciale et renforcement du positionnement commercial du Sénégal sur les marchés extérieurs
Pour l’exercice 2026, les crédits dudit programme sont estimés à 2 292 915 660 FCFA en AE et à 2 233 608 160 FCFA en CP.
Par nature économique de dépenses, ces crédits sont répartis comme suit :
- Dépenses de personnel : 295 161 000 FCFA en AE et en CP ;
- Acquisitions de biens et services : 62 254 660 FCFA en AE et en CP ;
- Transferts courants : 1 300 000 000 FCFA en AE eten CP ;
- Investissements exécutés par l’Etat : 635 500 000 FCFA en AE et 576 192 500 FCFA en CP.
Programme 2043 : Accompagnement et financement des PME/PMI
Pour l’exercice 2026, les crédits de ce programme sont évalués à 3 290 355 607 FCFA en AE et en CP.
Par nature économique de dépenses, ces crédits sont répartis comme suit :
- Dépenses de personnel : 122 413 000 FCFA en AE et en CP ;
- Acquisitions de biens et services : 143 197 643 FCFA en AE et en CP ;
- Transferts courants : 3 024 744 964 de FCFA en AE et en CP.
Programme 2049 : Développement des pôles et filières industrielles compétitives
Pour l’exercice 2026, les crédits de ce programme sont évalués à 314 416 274 905 FCFA en AE et à 109 019 819 918 FCFA en CP.
Par nature économique de dépenses, ces crédits sont répartis comme suit :
- Dépenses de personnel : 131 026 000 FCFA en AE et en CP ;
- Acquisitions de biens et services : 41 079 010 FCFA en AE et en CP ;
- Transferts courants : 2 285 380 000 FCFA en AE et en CP
- Investissements exécutés par l’Etat : 311 958 789 895 FCFA en AE et 106 562 334 908 de FCFA en CP.
Votre Commission des Finances et du Contrôle budgétaire, élargie à la Commission des Affaires économiques, a examiné, en sa séance du mardi 11 novembre 2025, sous la présidence de Monsieur Chérif Ahmed DICKO, le projet de budget 2026 du Ministère de l’Industrie et du Commerce.
Le Gouvernement était représenté par Docteur Serigne Guèye DIOP, Ministre de l’Industrie et du Commerce, Monsieur Cheikh DIBA, Ministre des Finances et du Budget, Madame Marie Rose Khady Fatou FAYE, Secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargée des Relations avec les institutions, Porte-Parole du Gouvernement et Monsieur Ibrahima THIAM, Secrétaire d’État auprès du Ministre de l’Industrie et du Commerce, chargé du Développement des Petites et Moyennes Entreprises et des Petites et Moyennes Industries, entourés de leurs principaux collaborateurs.
Ouvrant la séance, le Président a, d’abord, au nom de la Commission élargie, souhaité la bienvenue aux membres du Gouvernement, ainsi qu’à leurs collaborateurs, tout en leur adressant ses félicitations et vœux de succès dans l’accomplissement de leurs missions.
Il a, ensuite, passé la parole à Monsieur Abdou Karim SALL, Président de la Commission des Affaires économiques qui, après des mots de félicitations et d’encouragements, a invité Monsieur le Ministre de l’Industrie et du Commerce à présenter le projet de budget de son département.
Prenant la parole, Monsieur le Ministre s’est dit honoré d’être devant les Représentants du Peuple, pour soumettre à leur appréciation le projet de budget 2026 de son ministère.
Dans ce cadre, il a indiqué que, sur instruction du Président de la République et du Premier ministre, son département a organisé des états généraux dans les secteurs de l’Industrie, du Commerce et des PME. Il a également élaboré une stratégie d’industrialisation et commerciale, traduite dans un livre blanc, ainsi qu’une nouvelle Lettre de Politique sectorielle de Développement (LPSD), alignée sur la Stratégie nationale de Développement (SND 2025-2029) et sur l’Agenda national de Transformation (ANT) « Sénégal 2050 ».
Monsieur le Ministre dira, en outre, que le diagnostic inclusif, qui a été mené avec le secteur privé, a révélé de sérieux handicaps et contraintes qui freinent l’industrialisation de notre pays et le développement du secteur du commerce et des PME. Ces derniers, soulignera-t-il, portent sur une économie fortement « tertiarisée » dominée par les services (60 % du PIB), et constituée de peu d’entreprises, essentiellement de très petites entreprises faiblement compétitives, ainsi que sur la faible transformation de nos ressources et le déficit d’infrastructures industrielles et commerciales modernes, aptes à connecter les zones de production et à réduire les pertes post-récolte.
Pour relever ces défis, Monsieur le Ministre a présenté la nouvelle Lettre de politique sectorielle de Développement du Ministère de l’Industrie et du Commerce, qui décline les cinq (05) programmes susmentionnés en parfaite cohérence avec l’Agenda national de Transformation (ANT) « Sénégal 2050 ».
Par la suite, il a présenté les programmes, actions et activités, tout en mettant en exergue les réalisations de 2025, ainsi que les défis et les priorités stratégiques pour l’année 2026. Ces différents points d’intervention de Monsieur le Ministre sont détaillés dans un document qu’il a transmis à vos Commissaires.
Intervenant à leur tour, vos Commissaires ont adressé à Monsieur le Ministre leurs chaleureuses félicitations pour sa nomination à la tête de ce département stratégique et lui ont souhaité plein succès dans l’accomplissement des importantes missions qui lui sont confiées. Ils ont, ensuite, fait part de leurs préoccupations et suggestions qui, pour l’essentiel, se résument aux points ci-après :
S’agissant d’abord de l’industrie, ils ont rappelé le rôle central du secteur industriel en tant que vecteur de transformation structurelle de l’économie nationale et levier décisif pour la mise en œuvre de l’Agenda national de Transformation (ANT)« Sénégal 2050 ». Sous ce rapport, des Commissaires ont invité Monsieur le Ministre à préciser la nouvelle politique industrielle du Gouvernement, son articulation avec la stratégie d’industrialisation endogène et son impact attendu sur la croissance et l’emploi.
Dans cette perspective, ils ont insisté sur la nécessité de promouvoir des unités industrielles compétitives, capables de soutenir la transformation et la consommation des produits locaux, particulièrement dans les filières agroalimentaires, laitières, halieutiques et agricoles, en plus de substituer les importations de produits bas de gamme à des produits locaux de qualité.
À cet égard, vos Commissaires ont plaidé en faveur de la mise en place de magasins de stockage, de micro-industries et d’unités de transformation dans les zones à fort potentiel, notamment la zone sylvopastorale et celle des Niayes, la Casamance, le Bassin arachidier, ainsi que dans les localités de Kébémer, Darou Mousty, Pire, Thieppe, Kab Gaye et Diokoul, afin de créer de la valeur ajoutée et d’endiguer l’exode rural.
Ils ont, en outre, demandé l’accélération de la réalisation des agropoles sur l’ensemble du territoire, particulièrement à Kébémer et Guinguinéo, ainsi que le renforcement des agropoles Sud et Ouest, en élargissant les filières éligibles et en veillant à ce que des communes stratégiques comme Djibidione et Sandiara soient pleinement prises en compte. Vos Commissaires se sont également appesantis sur les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre de la plateforme économique intégrée de Bignona, notamment en ce qui concerne l’exploitation des chambres froides, la structuration des filières et l’accès au marché, tout en souhaitant que sa gestion soit confiée à cette commune.
Ils ont, par ailleurs, salué le projet de mise en œuvre de la zone industrielle de Touba, appelée à devenir un hub économique et artisanal de premier plan. Ils ont, toutefois, déploré le fait que le Parc industriel international de Diamniadio demeure insuffisamment accessible aux nationaux.
À ce titre, il a été demandé la prise de mesures idoines pour faciliter l’accès des entreprises sénégalaises à cet espace, d’augmenter le nombre d’entrepôts au niveau du Marché d’intérêt national, de renforcer l’exigence de préférence nationale et d’auditer la gestion de certains programmes et structures comme l’Agence d’Aménagement et de Promotion des Sites Industriels (APROSI). Ils ont souhaité, dans le même esprit, que la création de zones industrielles et d’unités de transformation soit effectivement déployée dans toutes les régions, en veillant à un maillage équilibré des huit (08) pôles industriels régionaux envisagés.
S’agissant des filières spécifiques, vos Commissaires ont mis un accent particulier sur le textile, considéré comme un secteur stratégique pour l’emploi, la culture et la souveraineté industrielle. Ils ont, à cet égard, plaidé en faveur de la relance et la réouverture de structures telles que la SOTEXKA, la SOTIBA, la SODEFITEX, la NSTS, le DOMITEXKA, l’ICOTAF, ainsi que pour l’accompagnement du plan de redressement de la NSTS. Ils se sont également informés sur les perspectives de relance de l’usine Seniran Auto de Thiès et sur l’ouverture de la SOCAS de Dagana.
Ils ont, parallèlement, salué le projet d’enregistrement de la marque « Dalou Ngaye » et ont préconisé la création d’une tannerie industrielle dans le Djolof pour développer une chaîne de valeur nationale du cuir au profit des artisans.
Sur le plan des grandes plateformes industrielles, des Commissaires ont évoqué les projets liés à l’exploitation du phosphate, en demandant un renforcement des mesures de protection de l’environnement et des populations, notamment de Matam, ainsi que des actions de développement durable au bénéfice des communautés locales. Ils ont aussi interpellé Monsieur le Ministre sur l’état d’avancement du projet d’université de Matam dédié au phosphate et à l’agrobusiness, ainsi que sur la future usine d’engrais phosphatés.
Ils ont, par ailleurs, relevé les tensions récurrentes autour du projet « Notto Diobass Smart City », notamment le différend opposant l’APROSI aux populations locales sur l’acquisition des terres, et ont sollicité l’intervention de Monsieur le Ministre pour promouvoir un dialogue inclusif et apaisé.
Sur le plan environnemental, certains Commissaires ont souligné l’urgence d’une application effective de la loi n° 2015-09 du 4 mai 2015 interdisant les sachets plastiques de faible micronnage, dont les conséquences environnementales, sur terre comme en mer, sont jugées catastrophiques. Ils ont, à cet effet, appelé à des mesures concrètes de substitution et de contrôle renforcé, notamment par l’encadrement de la production et de la mise sur le marché d’emballages alternatifs.
Abordant la question de l’industrie sidérurgique, vos Commissaires ont souhaité une meilleure protection des ferrailleurs sénégalais face à la concurrence étrangère. Dans ce cadre, il a été recommandé la fermeture du marché à l’importation des billettes de fer, ou, à défaut, la levée de l’interdiction d’exporter la fonte, afin de permettre aux ferrailleurs d’écouler leur production dans des conditions économiquement viables.
S’agissant de la stratégie « Gas to Power », des Commissaires ont salué l’option consistant à utiliser le gaz comme levier d’industrialisation, mais ont souhaité, par la même occasion, être davantage informés sur le contenu du projet, ses impacts sur les prix de l’énergie, ainsi que sur la valorisation des dérivés du pétrole et du gaz. Ils ont, à ce niveau, attiré l’attention sur les pénuries ponctuelles de bonbonnes de gaz, notamment à Bambey, et ont demandé des mesures appropriées pour sécuriser l’approvisionnement des ménages. Ils ont, plus globalement, encouragé une meilleure implication des parlementaires dans le suivi des grands projets industriels au niveau de leurs localités.
Sur un autre registre, il a été rappelé le rôle prépondérant du sous-secteur du commerce dans la transformation structurelle de l’économie, la création d’emplois et l’amélioration du pouvoir d’achat des ménages. Ils ont estimé que la promotion du « Made in Sénégal » et la consommation de produits locaux constituent un axe majeur de souveraineté économique, et ont, en conséquence, invité Monsieur le Ministre à prendre des mesures fermes pour limiter les importations qui concurrencent de manière déloyale la production nationale.
À ce titre, ils ont salué la politique de gel des importations d’oignons et de pommes de terre, qui a permis d’écouler la production locale à des prix jugés justes et de maintenir un approvisionnement régulier du marché, tout en demandant l’extension de cette démarche à la banane de Tambacounda et au riz local, encore pénalisé par la concurrence du riz importé. Ils ont également plaidé en faveur de la mise en place de mécanismes de subvention et de soutien financier aux riziculteurs, ainsi que d’une meilleure protection de la filière horticole et des producteurs d’anacarde face à la mainmise d’opérateurs étrangers.
Dans la même dynamique, vos Commissaires ont souligné le rôle déterminant des chambres froides dans la lutte contre les pertes post-récolte et la stabilisation des prix. Ils ont, à ce propos, sollicité la mise en place de telles installations dans les zones de forte production, notamment le Sine-Saloum, les Niayes, Ziguinchor, Diogo, Fass Boye, Notto, Diass, Kaolack, Niaming, Pata, Dinguiraye, Kayar, et ont demandé un appui spécifique au profit de l’Association des Producteurs Maraîchers de Kayar (APMK).
Parallèlement, des Commissaires ont salué les performances de l’Agence Sénégalaise de Promotion des Exportations (ASEPEX) à travers sa participation à de grandes foires internationales, telles que l’Exposition universelle d’Osaka 2025, et ont recommandé l’élargissement du nombre de participants, le renforcement de ses ressources et l’octroi du titre de Commissaire général à son Directeur général. Ils ont, de plus, invité le Gouvernement à prendre les mesures nécessaires pour que le Sénégal soit doté d’un pavillon de type A à l’Exposition universelle de Riyad 2030.
Sur le plan du commerce extérieur, certains Commissaires ont mis en exergue l’importance du commerce intra-africain et de l’intégration optimale à la ZLECAF. Ils ont, dans ce sens, préconisé l’adoption d’une stratégie articulée autour de la création de chaînes de valeur régionales, de l’amélioration de la compétitivité des entreprises nationales, de la mise en place d’instruments de paiement africains et, à terme, d’une monnaie commune.
Ils se sont, par ailleurs, intéressés aux accords commerciaux avec la Gambie et ont proposé d’explorer, avec la Côte d’Ivoire, des quotas d’achat de café pour garantir un approvisionnement régulier et maîtriser les coûts sur le marché national. Ils ont salué les innovations du CICES, notamment la Cité des Affaires et l’Expo Saly 2025, tout en souhaitant l’organisation d’événements similaires dans d’autres localités, telles que Kébémer, et en demandant l’interdiction des produits dépigmentants dans les foires.
Certains Commissaires ont, en outre, salué le lancement d’une chaîne de télévision économique inspirée du modèle « Business 24 », destinée à mieux valoriser les politiques publiques, l’entrepreneuriat et le secteur privé. Ils ont, dans le même temps, insisté sur la nécessité de renforcer la lutte contre la vie chère, et ont demandé à Monsieur le Ministre d’expliciter les stratégies mises en œuvre pour la baisse des prix des denrées de première nécessité, en déplorant le défaut d’application de ces baisses dans plusieurs localités.
Dans la même veine, ils ont interpellé Monsieur le Ministre sur les missions de la Commission nationale de Régulation des Loyers (CONAREL) et son impact sur la baisse des prix. Sur ce point, il a été suggéré de multiplier les efforts, afin de faire baisser le prix du ciment et du matériel de construction avant d’envisager la réduction du coût du loyer.
Dans cette optique, ils ont préconisé la mise en place d’un dispositif de contrôle plus efficace pour lutter contre la vie chère, la fraude commerciale, la mise sur le marché de denrées périmées et de produits manufacturés non conformes, qui posent un problème de sécurité alimentaire et de santé publique. À cet effet, ils ont souhaité le renforcement des moyens humains, matériels et financiers de la Direction du commerce intérieur (DCI), ainsi que l’installation de services régionaux et départementaux sur l’ensemble du territoire national, en particulier à Guinguinéo.
Il a été également jugé nécessaire de digitaliser les procédures de Déclaration d’Importation de Produits Alimentaires (DIPA), de mieux encadrer le commerce en ligne et de durcir les sanctions pour décourager toute tentative de corruption ou de violation de la réglementation sur les prix homologués.
Dans le même esprit, certains Commissaires ont préconisé le renforcement du Laboratoire national d’Analyse et de Contrôle (LANAC), de l’Institut de Technologie Alimentaire (ITA) et de l’Association sénégalaise de Normalisation (ASN), ainsi que l’exigence de conformité aux normes d’hygiène et de sécurité des entreprises agroalimentaires, en particulier pour certaines denrées sensibles (biscuits, eau et boissons en sachets, lait, etc.). Ils ont demandé un appui spécifique aux femmes transformatrices afin de faciliter l’accès à la labellisation et à la certification de leurs produits. Ils se sont, en outre, interrogés sur le retard de paiement des arriérés dus aux « 1000 volontaires de la consommation » et sur l’absence d’opérationnalisation visible du dispositif.
Des Commissaires ont également exprimé leurs vives inquiétudes face à la prolifération d’unités de fabrication de produits dépigmentants contenant des substances dangereuses, ainsi qu’à la consommation croissante de la chicha chez les jeunes, dont les risques sanitaires sont avérés. Ils ont appelé à un renforcement des contrôles, à une meilleure application des normes (FRA) et à des campagnes de sensibilisation de grande envergure.
À propos du Programme de Modernisation et de Gestion des Marchés (PROMOGEM), ils se sont félicités de ses premiers résultats, le considérant comme un instrument essentiel pour la réhabilitation, la construction et la mise à niveau des marchés du pays. Ils ont plaidé l’augmentation de ses crédits afin qu’il puisse intervenir dans un plus grand nombre de localités comme Guinguinéo, Médina Sabakh, Yoff, Saint-Louis, Grand-Yoff, Keur Massar, Parcelles assainies, Colobane, Thiaroye, Bambey, Ndindy, Dahra, Linguère, les communes du Sud du pays, la zone du Djolof, entre autres.
Ils ont, par ailleurs, attiré l’attention sur la récurrence des incendies dans les marchés, souvent imputés à des branchements électriques clandestins, ainsi que sur les retards notés dans la reconstruction de certains marchés comme Pikine et Kaolack. Ils ont, également, demandé un audit sur le financement du marché de Médina Baye, des clarifications sur le litige relatif au marché de Ngathie Naoudé et des solutions concernant la fermeture du marché de Tivaouane.
À propos des chambres de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture, certains Commissaires ont dénoncé la mauvaise gouvernance qu’elles estiment prévaloir dans certaines d’entre elles, l’absence de renouvellement des instances dirigeantes et la prééminence de la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture de Dakar au détriment des autres. Ils ont particulièrement attiré l’attention sur la situation de la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture de Ziguinchor qu’un rapport d’audit aurait mis en évidence des facturations frauduleuses et un détournement présumé de 150 millions de francs CFA. À ce niveau, ils ont regretté la lenteur de la prise en charge de ces dossiers et ont demandé la communication à l’Assemblée nationale des rapports d’inspection et des résultats d’enquête.
Sur le plan de la souveraineté alimentaire et industrielle, vos Commissaires se sont réjouis du redressement de la SONACOS, considérée comme un acteur clé, tout en demandant la redynamisation des usines de Kaolack et de Diourbel, ainsi que l’accompagnement des unités privées qui ont assuré la continuité de la production d’huile. Ils ont demandé l’interdiction de l’huile artisanale dite « SEGAL », jugée dangereuse pour la santé, et ont souligné la nécessité de moderniser la chaîne d’approvisionnement de la SONACOS.
Dans ce cadre, ils ont mis en lumière les difficultés rencontrées par les producteurs d’arachide, notamment dans le département de Nioro du Rip, en ce qui concerne le démarrage tardif de la campagne, l’insuffisance des points de collecte, la multiplicité des intermédiaires et la récurrence des bons impayés. Ils ont également demandé à être édifiés sur la capacité de la SONACOS à absorber la production de la campagne en cours et sur les modalités d’ouverture du marché à l’exportation, tout en réaffirmant l’exigence d’un prix rémunérateur pour les producteurs.
Par ailleurs, il a été évoqué les licenciements et les mauvaises conditions de travail dans certaines entreprises telles que Ciments du Sahel, Senhuile de Dagana, Kirène, entre autres, et ont appelé au respect des principes de Responsabilité sociétale des entreprises (RSE), à une meilleure prise en compte des jeunes des localités concernées dans les politiques de recrutement, ainsi qu’à un encadrement renforcé des jeunes actifs dans le commerce, notamment les marchands ambulants, à travers la formation, la formalisation et l’accès au financement.
Enfin, tout en saluant les axes stratégiques du ministère, vos Commissaires ont attiré l’attention sur la faiblesse des crédits alloués au programme « Accompagnement et financement des PME-PMI » et ont jugé nécessaire d’augmenter les ressources de ce département, compte tenu de son importance et des défis à relever.
Prenant la parole suite aux interpellations de vos Commissaires, Monsieur le Ministre a d’abord exprimé sa gratitude pour les félicitations et les encouragements qui lui ont été adressés, ainsi que pour l’intérêt soutenu porté à son département, avant de répondre aux différentes questions.
D’emblée, il a rappelé que le Gouvernement a fait le choix d’accorder à l’industrie et au commerce une place centrale dans la stratégie de transformation économique, comme en témoigne la hausse de plus de 200 % du projet de budget du ministère, désormais essentiellement orienté vers l’investissement.
Abordant la nouvelle politique industrielle, il a indiqué qu’elle repose sur une stratégie d’industrialisation endogène visant à répartir plus équitablement les activités industrielles sur le territoire, à réduire la dépendance aux importations et à soutenir le secteur privé national. Dans ce cadre, le Gouvernement s’est engagé à mettre en place huit (08) pôles industriels régionaux, qui couvrent les quatorze (14) régions et les quarante-six (46) départements, sous la coordination de l’APROSI. Il a aussi rappelé que Dakar concentre encore près de 80 % des industries et que l’objectif est de corriger progressivement ce déséquilibre en développant des zones industrielles à Touba, Bignona, Djibidione et dans d’autres localités, avec des vocations sectorielles différenciées concernant des domaines tels que l’automobile, l’agroalimentaire, le textile, entre autres.
S’agissant spécifiquement de la zone industrielle de Bignona et de la plateforme intégrée, Monsieur le Ministre a reconnu que des problèmes de conception ont été identifiés. Ces plateformes, dira-t-il, seront restructurées pour devenir de véritables pôles industriels et logistiques, avec un élargissement significatif des superficies jusqu’à cinquante (50) hectares, de sorte que l’ensemble des départements de la zone Sud du pays puissent bénéficier des retombées industrielles et logistiques. Il a annoncé qu’un financement important, notamment de la Banque africaine de Développement (BAD) d’un montant de 30 millions de dollars, a été mobilisé pour appuyer la mise en place d’une autre zone industrielle dans le département de Bignona.
Sur la question des agropoles, Monsieur le Ministre a confirmé que ces pôles agro-industriels s’appuieront sur de nouvelles unités de transformation, des infrastructures de stockage et de distribution renforcées, ainsi que sur des chaînes logistiques intégrées. Il a, à ce propos, souligné que le dispositif des agropoles fait l’objet d’un renforcement structurel pour accroître leur impact économique et territorial, et qu’un financement endogène est envisagé pour l’Agropole-centre à partir de l’année prochaine.
Relativement à la SONACOS, Monsieur le Ministre a précisé que l’entreprise avait été conçue, historiquement, sur un modèle centré sur l’arachide et l’huile brute. Selon lui, cette configuration s’est révélée structurellement fragile et ainsi, la nouvelle orientation vise à diversifier les matières premières, la gamme de produits et les débouchés, dans le but de mieux aligner la SONACOS sur la nouvelle politique industrielle, d’accroître sa résilience et de créer plus d’emplois et de richesse. Il a, en outre, informé que de nouvelles presses à huile seront installées à Diourbel et à Kaolack, et un partenaire stratégique, disposant d’une expertise technologique avancée, est en cours d’identification. L’objectif est aussi de mieux positionner la SONACOS sur l’exportation de produits à plus forte valeur ajoutée.
Par rapport à l’huile artisanale, Monsieur le Ministre dira que la co-existence entre la SONACOS et d’autres unités de production est admise. Il a, néanmoins, insisté sur le fait que certaines huiles artisanales, dont l’huile « SEGAL », ne répondent pas aux normes de sécurité sanitaire et doivent, par conséquent, être soumises à un raffinement et à une régulation stricte.
Concernant la filière arachide et la campagne de commercialisation, Monsieur le Ministre a insisté sur la nécessité de garantir en priorité l’approvisionnement de l’industrie nationale, tout en permettant l’exportation de l’excédent dans des conditions encadrées. Il a, à ce niveau, informé qu’un décret est en cours d’élaboration pour mieux organiser l’exportation de l’arachide et éviter les dysfonctionnements constatés par le passé. Il a également assuré que les points de collecte seront renforcés dans des zones comme Nioro du Rip pour fluidifier la campagne et a reconnu que l’enjeu demeure de concilier un prix rémunérateur pour les producteurs avec l’approvisionnement suffisant de l’industrie locale.
Au sujet de la filière textile, Monsieur le Ministre a informé que le Gouvernement a inscrit la relance du textile parmi les priorités de la nouvelle politique industrielle. Il indiquera, à ce propos, que l’option retenue consiste, d’une part, à relancer la production textile nationale et, d’autre part, à installer des unités textiles dans chaque zone industrielle, afin de mieux répartir l’activité sur le territoire et de créer des emplois dans ce secteur.
Répondant aux préoccupations relatives à Seniran Auto, il a annoncé que l’État a passé une commande de 1 500 véhicules, notamment pour les besoins du transport public et des taxis pour la desserte de l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD), afin de soutenir la relance de l’usine. Il a, de même, rappelé que la réouverture de la SOCAS de Dagana et d’autres unités agro-industrielles s’inscrit dans la vision globale de fusionner commerce et industrie pour faire de la production locale le pivot de la politique d’import-substitution.
S’agissant du phosphate, Monsieur le Ministre a détaillé la nouvelle approche consistant à mettre fin au modèle dans lequel une part importante du phosphate brut est exportée pour être transformée à l’étranger avant d’être réimportée sous forme d’engrais. Il a annoncé la mise en place, à Danthiady d’une usine de fabrication d’engrais phosphatés, ainsi que la création d’un pôle universitaire spécialisé travaillant en étroite collaboration avec l’Institut Supérieur d’enseignement professionnel (ISEP), afin de valoriser localement cette ressource stratégique et de renforcer les compétences nationales. Il a rassuré que les préoccupations environnementales des populations de Matam seront prises en compte par des programmes spécifiques de développement durable.
Sur la valorisation du gaz et du pétrole, il a fait savoir que la décision retenue est d’éviter l’exportation brute du gaz pour le transformer localement, notamment en ammoniac et en urée, afin de soutenir l’industrialisation et d’optimiser les retombées économiques. Des mesures sont également envisagées pour réduire les tensions sur l’approvisionnement en gaz domestique, notamment par une meilleure planification logistique, a-t-il révélé.
Abordant le « Made in Sénégal » et la politique de régulation des importations, Monsieur le Ministre a rappelé que concernant le riz, son importation a été limitée en vue de permettre l’écoulement de la production locale. Il a précisé que l’obtention d’une DIPA pour le riz est désormais indexée à l’achat du riz local, ce qui renforce la protection de la filière.
Concernant l’oignon, la pomme de terre et la banane de Tambacounda, il a affirmé que la politique de gel des importations et de fermeture partielle du marché à certains pays fournisseurs a permis d’écouler la production nationale. Il a cité, à titre illustratif, la livraison de 15 000 tonnes de bananes en deux (2) mois, pour une valeur de 7 500 000 000 de francs CFA.
À propos des chambres froides, il a indiqué qu’une convention a été signée entre l’Agence de Régulation des Marchés (ARM) et le secteur privé pour la construction d’une vingtaine de chambres froides dès l’année prochaine, pour une capacité de stockage de 250 000 tonnes de produits, dans la perspective d’une production d’oignons et de pommes de terre avoisinant 400 000 tonnes. Il a précisé que ces infrastructures seront implantées dans diverses régions, y compris les îles du Saloum. Ainsi, dans le souci d’améliorer la conservation et la régulation des prix, il a fait part de la mise en place d’un système de récépissé d’entrepôt rémunéré à la livraison.
Sur la modernisation du commerce et des marchés, Monsieur le Ministre a insisté sur l’importance du Programme de Modernisation et de Gestion des Marchés (PROMOGEM). Il a indiqué qu’un programme de construction ou de réhabilitation de soixante-sept (67) marchés a été proposé, nécessitant environ dix (10) milliards de francs CFA par an sur cinq (5) ans, avec une typologie distinguant les marchés communaux, départementaux et d’intérêt national. Il a précisé que le rôle de PROMOGEM et de la Société d’Exploitation du Marché d’Intérêt national et de la Gare des Gros porteurs (SEMIG) est d’accompagner les collectivités dans la mise à niveau de leurs marchés avant de leur en laisser la gestion. Il a reconnu que les incendies dans les marchés sont souvent liés à des branchements clandestins et a assuré que des solutions techniques et réglementaires seront apportées.
Répondant aux questions relatives au contrôle des prix et de la qualité, il a assuré que les baisses de prix décidées par le Gouvernement ont été, dans leur grande majorité, effectivement appliquées, ce que confirment les rapports des services déconcentrés, des préfets et de certaines organisations professionnelles. Il a fait état de l’existence de cas isolés de non-application, ce qui justifie le renforcement des dispositifs de contrôle.
À cet effet, il a rappelé que le dispositif des « 1000 volontaires de la consommation » est opérationnel, même si des retards de paiement ont été enregistrés en raison du chevauchement des listes avec un autre programme de volontaires au niveau du Ministère en charge de l’Agriculture. Il a soutenu que ces volontaires sont en cours de formation, notamment à Thiès, sur le civisme, la citoyenneté et la régulation commerciale, et que leur rémunération sera facilitée par des solutions de paiement numérique.
S’agissant des services départementaux de contrôle, il a indiqué qu’ils seront étendus à l’ensemble des départements : trente-trois (33) services existent déjà sur quarante-cinq (45) et treize (13) nouveaux services seront créés, chacun doté d’un commissaire aux enquêtes économiques et des moyens logistiques nécessaires, avec l’appui des volontaires, pour assurer un contrôle plus efficace et dissuasif. Sur la digitalisation des DIPA, il a informé que des comités techniques travaillent à la mise en place d’une plateforme numérique sécurisée, afin que seuls les commerçants respectant la réglementation puissent en disposer.
Concernant la lutte contre les produits périmés et non conformes, Monsieur le Ministre a rappelé les exigences de conformité de l’étiquetage concernant notamment la date de péremption, le poids net, la liste des ingrédients et le code d’autorisation de fabrication et de mise en vente (FRA), et a expliqué que les services d’hygiène et de la Direction du commerce intérieur (DCI) procèdent régulièrement à l’incinération de tonnes de produits périmés ou frauduleux. Un centre d’incinération dédié sera construit pour renforcer ce dispositif, a-t-il ajouté.
Il a, en outre, souligné que l’obtention d’un code FRA constitue un préalable indispensable pour mettre sur le marché des produits alimentaires, et que cet instrument sera utilisé pour intensifier la lutte contre les produits dépigmentants nocifs.
Sur la loi relative aux sachets plastiques, il a précisé que sa mise en œuvre a été difficile, du fait que ce texte a été adopté sans que les mesures préalables de substitution ne soient pleinement anticipées. Il a assuré que son département travaille à l’identification et à la promotion de produits alternatifs, afin de concilier protection de l’environnement et viabilité économique pour les opérateurs.
En ce qui concerne les PME et PMI, Monsieur le Ministre dira que l’État fonde sa politique sur le triptyque « formation-formalisation-financement ». Il a aussi annoncé que la Direction des PME (DPME) et la Direction des PMI (DPMI), sous l’égide du Secrétaire d’État chargé du Développement des PME-PMI, finalisent une Stratégie nationale de promotion et de développement des PME-PMI qui sera déclinée en programme intégré afin de renforcer les synergies et d’optimiser l’utilisation des ressources.
Il a également souhaité une augmentation des ressources de l’ADEPME, dont la décentralisation est prévue pour renforcer sa proximité avec le tissu productif, et a rappelé l’importance du Programme ETER pour son Département, dont la poursuite en 2026 permettra de consolider l’accompagnement des entreprises.
Relativement aux marchés extérieurs et à la visibilité du Sénégal, il a indiqué que des investissements conséquents ont été consentis pour la participation à l’Exposition universelle d’Osaka et à d’autres foires, en partenariat avec l’ADEPME et l’ASEPEX, pour promouvoir les produits « Made in Sénégal », notamment dans les secteurs de l’artisanat, de l’agroalimentaire et des industries.
S’agissant de la fonction de Commissaire général pour l’Exposition universelle d’Osaka, il a rappelé que, du fait de l’affectation de l’ancien Directeur général et en l’absence de nouveau titulaire, il a exercé temporairement cette fonction.
Réagissant à la question de l’APROSI et de la gouvernance des zones industrielles, il a informé qu’un audit a été achevé, mettant en évidence de graves manquements. Le rapport a été transmis aux autorités compétentes et la Justice est en train de travailler pour faire la lumière sur cette affaire. Il a, par ailleurs, assuré que l’accès au Parc industriel de Diamniadio est désormais facilité pour les Sénégalais, que les magasins sont occupés à 100 % et que le prix du loyer au mètre carré a été réduit de moitié pour améliorer la compétitivité du capital national.
Sur les chambres de commerce, il a annoncé qu’une réforme législative est en préparation afin de garantir leur indépendance, de limiter la concentration de pouvoirs, d’encadrer plus strictement les responsabilités des présidents et de prévoir des mécanismes de révocation en cas de faute grave. Il a également indiqué que le rapport d’audit sur la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture de Ziguinchor fait état de détournements particulièrement graves et qu’il est envisagé l’ouverture d’une information judiciaire pour permettre à l’Agence judiciaire de l’État d’engager les actions appropriées. Des élections seront organisées pour renouveler les instances dirigeantes, ajoutera Monsieur le Ministre.
Enfin, abordant la question de la lutte contre la vie chère, Monsieur le Ministre a rappelé que la politique d’import-substitution, appuyée par des subventions ciblées sur certaines denrées comme le riz et l’huile, a déjà permis de soutenir le pouvoir d’achat, et que des efforts supplémentaires sont en cours de négociation pour réduire encore les prix. Il est du même avis que vos Commissaires sur la nécessité de renforcer la communication sur les mesures de baisse et de poursuivre les contrôles pour assurer leur effectivité sur l’ensemble du territoire.
Intervenant à son tour, Monsieur le Ministre des Finances et du Budget a apporté des compléments de réponse sur certaines interpellations spécifiques.
Il a indiqué qu’en dépit de la hausse substantielle des crédits du Ministère de l’Industrie et du Commerce, qui atteignent environ 419 milliards de francs CFA, des efforts supplémentaires restent nécessaires pour hisser ce secteur au niveau des ambitions de « Sénégal 2050 ». Il a toutefois relevé que le secteur secondaire, incluant l’industrie, ne représente encore qu’environ 24 % du PIB, alors que le secteur tertiaire en capte plus de la moitié. Selon lui, cette situation pose une question d’équité dans la répartition des revenus et justifie le choix de miser sur l’industrialisation et la souveraineté alimentaire.
Il a, en outre, précisé que plus de 90 % des crédits du ministère sont orientés vers l’investissement, en cohérence avec l’objectif de transformation structurelle.
S’agissant de la SONACOS et du financement de la campagne arachidière, il a rappelé que l’État a apuré, en 2024, les créances des opérateurs du secteur et a dû résorber un stock important de dettes, notamment vis-à-vis d’ITFC, structure de financement liée à la Banque Islamique de Développement (BID), pour un montant de 111 milliards de francs CFA. Pour la campagne en cours, dira-t-il, les besoins de financement sont estimés à 150 milliards de francs CFA, dont 100 milliards pour la SONACOS. Selon lui, des dispositifs de financement ont été mobilisés avec la LBA, la BNDE et l’Association professionnelle des banques, ainsi qu’une nouvelle convention avec ITFC, afin d’éviter des ruptures dans la campagne.
À propos du PROMOGEM, il a informé que, sur 16 milliards de crédits ouverts entre 2021 et 2025, le taux d’exécution est évalué à 44 %. Il a jugé nécessaire d’améliorer la capacité d’absorption avant d’envisager des augmentations massives de crédits, tout en indiquant que des financements extérieurs et des partenariats public-privé pourront être explorés pour amplifier son impact.
En ce qui concerne l’ARM, il a mentionné une dotation cumulative de 416 millions de francs CFA, complétée pour 2026 par une rallonge de 130 millions de francs CFA, et a indiqué que des négociations sont en cours pour un partenariat public-privé permettant de renforcer les infrastructures de régulation des marchés.
Sur le programme « Accompagnement et financement des PME/PMI », il a reconnu que la dotation actuelle qui correspond à 2,2 % du budget du ministère demeure modeste. Néanmoins, il a précisé que le rôle du Ministère des Finances et du Budget est d’accompagner les ministères sectoriels dans l’ingénierie budgétaire et la mobilisation de ressources extérieures, mais l’arbitrage sur la répartition des crédits est laissé à leur appréciation.
En outre, il fera noter qu’un travail est engagé sur la rationalisation des instruments de financement et d’accompagnement des entreprises, avec l’idée de regrouper, au sein d’une entité unique « Financement et Expertise Sénégal » (FINES), les instruments de conseil, d’amorçage et de financement, notamment l’ADEPME, l’APDA, et les fonds logés dans différents ministères, ainsi que de redynamiser la promotion des investissements.
S’agissant de l’APROSI, Monsieur le Ministre a confirmé que l’audit est achevé et le rapport, qui a fait état d’une mauvaise gestion, a été soumis aux autorités pour décision.
Enfin, abordant le commerce numérique, il a souligné le potentiel de ce secteur, qui représente déjà une part significative des échanges, et a annoncé la volonté du Gouvernement de mettre en place une autorité de régulation dédiée et de former les acteurs nationaux pour leur permettre de tirer pleinement profit de ce marché.
Satisfaits des réponses apportées par Messieurs les Ministres, vos Commissaires ont adopté, à la majorité, les différents programmes du projet de budget 2026 du Ministère de l’Industrie et du Commerce. Ils vous demandent d’en faire autant, si cela ne soulève, de votre part, aucune objection majeure.
MINISTERE DE L’INDUSTRIE ET DU COMMERCE
| Programmes / titres | Montant en AE | Montant en CP |
| Programme Accessibilité des produits et services, lutte contre la vie chère et modernisation du commerce | ||
| Dépenses de personnel | 1 655 892 428 | 1 655 892 428 |
| Acquisition de biens et services | 1 085 020 659 | 1 085 020 659 |
| Transferts courants | 2 260 710 000 | 2 260 710 000 |
| Investissements exécutés par l’Etat | 28 484 250 000 | 28 141 425 000 |
| Total Programme Accessibilité des produits et services, lutte contre la vie chère et modernisation du commerce | 33 485 873 087 | 33 143 048 087 |
| Programme Accompagnement et financement des PME/PMI | ||
| Dépenses de personnel | 122 413 000 | 122 413 000 |
| Acquisition de biens et services | 143 197 643 | 143 197 643 |
| Transferts courants | 3 024 744 964 | 3 024 744 964 |
| Total Programme Accompagnement et financement des PME/PMI | 3 290 355 607 | 3 290 355 607 |
| Programme Défense commerciale et renforcement du positionnement commercial du Sénégal sur les marchés extérieurs | ||
| Dépenses de personnel | 295 161 000 | 295 161 000 |
| Acquisition de biens et services | 62 254 660 | 62 254 660 |
| Transferts courants | 1 300 000 000 | 1 300 000 000 |
| Investissements exécutés par l’Etat | 635 500 000 | 576 192 500 |
| Total Programme Défense commerciale et renforcement du positionnement commercial du Sénégal sur les marchés extérieurs | 2 292 915 660 | 2 233 608 160 |
| Programme Développement des pôles et filières industrielles compétitives | ||
| Dépenses de personnel | 131 026 000 | 131 026 000 |
| Acquisition de biens et services | 41 079 010 | 41 079 010 |
| Transferts courants | 2 285 380 000 | 2 285 380 000 |
| Investissements exécutés par l’Etat | 311 958 789 895 | 106 562 334 908 |
| Total Programme Développement des pôles et filières industrielles compétitives | 314 416 274 905 | 109 019 819 918 |
| Programme Pilotage, Coordination et Gestion administrative | ||
| Dépenses de personnel | 1 176 434 000 | 1 176 434 000 |
| Acquisition de biens et services | 501 437 161 | 501 437 161 |
| Transferts courants | 769 932 500 | 769 932 500 |
| Total Programme Pilotage, Coordination et Gestion administrative | 2 447 803 661 | 2 447 803 661 |
| Total Dotation Ministère de l’Industrie et du Commerce | 355 933 222 920 | 150 134 635 433 |

