
Dans un entretien qu’il a accordé au site du magazine panafricain, Jeuneafrique, Mohamed Mbougar Sarr est revenu sur l’affaire du troisième mandat, espérant que Macky Sall ne va pas franchir le Rubicon.
« J’espère fortement qu’il ne se représentera pas. Il aurait ainsi les coudées franches pour mener à terme ses différents projets pour le Sénégal. Pour en avoir discuté avec lui lors de son passage à Paris, je sais qu’il en a un certain nombre. Il lui serait tellement plus simple de s’en occuper s’il était libéré de l’équation du troisième mandat », a-t-il dit.
L’auteur de « La plus secrète mémoire des hommes » souligne que « l’exemple du président Abdoulaye Wade devrait suffire à l’en dissuader ».
Mohamed Mbougar Sarr rappelle qu’en mars 2021, le président a eu un aperçu de ce dont la jeunesse révoltée est capable, même si cette colère-là n’était pas motivée par son éventuel troisième mandat. Selon lui, la population jeune est si désespérée qu’aller mourir dans la rue lors de manifestations lui semble d’une grande banalité.
La démocratie implique-t-elle forcément la limitation du nombre de mandats ? L’auteur-écrivain souligne : « ce n’est pas le seul critère, mais il est fondamental. J’accorderais bien un satisfecit au Ghana, qui a réglé la question du renouvellement de la classe politique et des mandats à vie, ce qui permet au pays de se consacrer à des sujets essentiels comme la santé, l’éducation, le développement ».
M. Sarr relève qu’en Afrique francophone, « nous perdons un temps fou parce que nos Constitutions sont fragiles, manipulables avec une facilité désarmante et accablante ».
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